Phobie infantile, quand faut-il consulter?

Un petit article ce jour pour vous aider à y voir plus clair face à la phobie infantile. Tout d'abord, sachez en tant que parents que la phobie fait très souvent partie du développement classique d'un enfant.

Lors du processus d'individuation , où l'enfant commence à psychiquement se séparer de sa famille, il investit sa propre pensée.
Ce mouvement vers l'extérieur est souvent anxiogène et les peurs vont alors représenter cet inconnu.

En somme, les phobies infantiles les plus fréquentes sont les insectes, voir les chiens où des animaux en particulier et autres choses parfois moins typiques.
L'angoisse est présente chez l'enfant , mais épisodique et celui ci ne présente pas d'autres troubles du comportement.

Ces épisodes peuvent durer quelques semaines, voir quelques mois et diminuent pour ensuite disparaître spontanément, cela vers 7, 8 ans.
Là où il faut consulter en priorité un psychologue clinicien c'est lorsque la phobie au lieu de diminuer en intensité s'accroît et que d'autres symptômes sont présents.

Plus qu'une anxiété latente, il s'agit alors d'une angoisse profonde déclenchant des pleurs, des réveils nocturnes également parfois, des évitements ( ne plus vouloir aller au parc par exemple ).
La phobie la plus récurrente étant la phobie scolaire, une phobie qui devient pathologique et envahit la sphère scolaire.

Il faut être très attentif aux signes précurseurs, angoisse de l'enfant dès les courses scolaires avant la rentrée, maux de ventre à l'école, peurs de l'enfant qu'il arrive quelque chose à ses parents pendant son absence.

Au plus l'enfant est reçu tôt, au plus la phobie sera rapidement traitée, proposer un cadre extérieur à l'enfant et guider également les parents dans leur comportement à adopter sera très productif.

Lorsque les parents sont d'accord, j'échange avec l'enseignant de l'enfant, cela permettant aussi de mieux comprendre comment l'enfant investit l'école et permettre un meilleur dialogue entre la famille et le milieu scolaire.

La phobie fonctionne via le mécanisme de défense du déplacement, cela signifiant que toute personne présentant une phobie déplace une angoisse, voir un trauma sur quelque chose qui peut être totalement anodin .

Je pense notamment  à une petite fille qui présentait une finulanophobie (phobie des boutons) par exemple.

Mon travail clinique s'axe dans une relation de confiance, de partage, d'écoute également avec l'enfant mais je considère également qu'allier les parents à la thérapie nous permet d'avancer encore plus vite.

Aider l'enfant à passer ce cap lui permettra de se sécuriser et aborder ensuite l'adolescence de façon beaucoup plus sereine .


Elodie BUDIEL

Psychologue clinicienne